Ci-dessous se trouvent quelques articles portant sur des thèmes variés du domaine de la traduction.
Bien des logiciels à mémoire de traduction existent maintenant sur le marché (Trados, DejaVu, SDLX, etc.). D'après la communication des sociétés qui commercialisent ces logiciels, les traducteurs ont ainsi à disposition des outils pour gagner du temps, produire une qualité supérieure, satisfaire les clients, etc. Comme exposé ci-dessous, l'expérience en situation réelle de ces outils force à constater des points très négatifs.
C'est dans les années 80 qu'est apparu le concept des mémoires de traduction. L'idée est simple : quand on traduit une phrase que l'on a déjà traduite, il vaut mieux récupérer l'ancienne traduction que perdre du temps à la recréer. On gagne ainsi du temps et on traduit de manière plus homogène. Autrement dit, chaque fois que l'on traduit une phrase, le logiciel met en mémoire, dans une base de données, le couple "phrase source + phrase traduite" et, ultérieurement, si l'on retrouve cette phrase, le logiciel vous propose votre ancienne traduction qu'il suffit alors de valider.
J'avoue que ce concept, exprimé ainsi, peut paraître séduisant et tombant sous le sens. Du gagnant-gagnant ! Il s'inscrit en droite ligne d'autres théories des années 80, comme la traduction automatique, dans lesquelles l'ordinateur prenait la place du traducteur. J'ai d'ailleurs souvenir du logo d'une entreprise de traduction de cette époque représentant une tête humaine stylisée dont le cerveau était absent et était remplacé par un ordinateur... brrr !
En examinant d'à peine un peu plus près la théorie des mémoires de traduction, on s'aperçoit qu'un gros problème surgit à l'horizon. Depuis un siècle environ, la linguistique nous dit qu'un texte n'est pas une simple concaténation de phrases. Le texte a sa logique interne, ses ressorts, ses effets, ses échos, etc. et toutes ces "voix" ne sont malheureusement pas superposables à un découpage en phrases. Cela est valable pour le texte littéraire, mais tout autant pour le texte journalistique, scientifique, technique, etc.
Autrement dit, un texte ne peut pas s'analyser comme une suite de phrases et d'ailleurs la phrase n'est qu'un concept assez nébuleux, il faut bien le dire. Le sens d'une phrase ne peut se définir en ne prenant en compte que la phrase elle-même, il faut aussi tenir compte des phrases environnantes (le contexte), voire même de tout le texte, de la situation d'écriture, des présupposés, etc.
Il résulte de ce qui précède de nombreux problèmes d'origines très variées (les mauvaises traductions ont tendance à revenir, impossibilité ou difficulté de questionner le contexte, difficulté de remanier sa traduction pour l'adapter, incitation à calquer la langue source, problèmes d'accords, de pronoms, etc. Il serait trop fastidieux et trop long de les énumérer tous.
Les textes ainsi traduits ont tendance à être pénibles à lire car la langue ne "coule" pas, l'expression est gauche, répétitive et lasse facilement le lecteur.
Sans parler des trop nombreux bugs que j'ai pu constater... Ni du fait que les textes présentant un nombre suffisant de répétitions sont extrêmement rares et, dans ma vie de traducteur, j'estime qu'ils représentent moins de 1 % du volume passé entre mes mains.
Il faut aussi parler de l'aspect psychologique : quand un texte est présenté comme un découpage de phrases, chaque phrase étant visualisée à part du contexte (et même si l'on peut voir le contexte en cliquant avec la souris ou en déplaçant l'ascenseur horizontal ou vertical), l'esprit du traducteur est influencé et fonctionne différemment. Le sens global du texte ou du paragraphe a tendance à être noyé au profit d'un sens local nécessairement partiel. Les idées de traduction empruntent alors d'autres schémas de pensée, souvent peu ou pas pertinents.
Il faut se méfier des concepts simplistes, des vendeurs de logiciels et du bon sens de base. Les outils capables d'aider réellement le traducteur dans sa démarche intellectuelle et d'aider le client à obtenir des traductions de bonne qualité restent encore à inventer. Mais on ne peut pas reprocher aux vendeurs de logiciels de vouloir vendre leurs produits...
Bien des traductions de sites Web laissent à désirer, voire sont carrément délirantes quand on laisse un script exécuter une traduction automatique. L'image de l'entreprise, son sérieux, sa réputation s'en trouvent atteints et les visiteurs sont loin d'être mis en confiance. Pourtant, le respect de bonnes pratiques de base peut améliorer considérablement la traduction des sites Web et donc leur impact, leur classement dans les moteurs de recherche et, au final, leur rentabilité.
Vous connaissez peut-être quelqu'un qui parle la langue de traduction de votre site Web ou vous pensiez peut-être demander à un étudiant. Réfléchissez bien car vous feriez mieux de payer les services d'un professionnel. En effet, si votre site est mal rédigé, les visiteurs ne resteront pas longtemps, voire ne reviendront plus.
Le traducteur qui effectuera cette tâche devra non seulement traduire correctement les termes mais il devra aussi être conscient du message et savoir le faire passer. Autrement dit, passé l'acte de traduction, il faudra un acte d'adaptation et de rédaction car le contenu d'un site Web a ses spécificités par rapport à d'autres supports écrits et elles peuvent changer avec le changement de langue et de culture.
Le traducteur doit utiliser des mots-clés appropriés. Les mots-clés sont les termes que les internautes entrent dans le moteur de recherche pour trouver les sites qui les intéressent. Il est essentiel de connaître les mots-clés utilisés dans les recherches qu'effectuent vos clients, parlant la langue de traduction, sur le type de produits ou services que vous proposez. Ce sont ces mots-clés qui doivent figurer dans la balise méta correspondante de votre site Web traduit et pas forcément la traduction des mots-clés de la langue à traduire. Pour vous aider, les logiciels surveillant l'accès à votre site (Webalyzer, Awstats, etc.) vous indiquent les mots-clés utilisés par vos visiteurs afin d'affiner ceux-ci.
Par exemple, le terme anglais « notebook » désigne ce qu'on appelle en français un portable, un ordinateur portable, un ordinateur portatif. Ces trois termes sont corrects mais si le traducteur ne fait aucune recherche sur les mots-clés les plus pertinents, il ne s'apercevra pas qu'il existe une grosse différence entre le nombre de recherches faites avec chacun de ces termes. En 2007, le nombre de recherches effectuées sur « ordinateur portable » était environ 10 000 fois plus important que celui sur « ordinateur portatif » ! En quelques secondes, le traducteur peut donc réduire vos chances d'être vu sur le Web de milliers de fois !
Si le traducteur ne connaît pas le code XHTML, CSS, PHP/MySQL, javascript, etc. il ne saura pas correctement traduire les balises title, alt, meta, etc. Il ne saura pas remplacer les caractères accentués par les entités équivalentes, ne saura pas indiquer l'encodage correct de la page (charset), traduira éventuellement des choses qui ne doivent pas l'être, etc. Bref, on ne devrait jamais faire traduire une page Web à un traducteur qui n'est pas également concepteur de sites Web et très bien informé des pratiques d'Internet. C'est prendre des risques sur la qualité du résultat.
Il est impossible de traduire correctement un texte sans comprendre le sens de celui-ci. Si la page Web décrit un produit technologique ou un service spécialisé, le traducteur doit absolument comprendre le sens du texte. Mieux il le comprend, mieux il le traduit. Il doit également connaître le secteur industriel ou de services concerné par le site Web, et ce dans le pays de la langue de traduction. Cela lui permettra de créer un texte plus percutant, sachant mieux retenir l'attention des internautes, ce qui est essentiel.
La traduction de sites Web est un nouveau métier, une niche à part entière dans le métier de la traduction. Ce métier requiert du professionnel une triple compétence : linguistique, technique (pour le savoir-faire en conception des sites Web) et de communication (car le Web a ses spécificités en la matière).